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1973 - MONTAGE THÉÂTRAL POÉTIQUE L'EFFROYABLE CHANSON DU POÈTE VOYANT |
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REPRÉSENTATION DONNÉE À BRIGNOLES AU HALL DES EXPOSITIONS |
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SYNOPSIS DE L'EFFROYABLE CHANSON DU POËTE VOYANT |
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La pièce se présente sous la forme de
neuf séquences
titrées
comme des mouvements musicaux, avec, en exergue, le couplet
d'une complainte qui s'inscrit dans la tradition de celles évoquant les
prouesses, les rimes ou les péripéties de figures populaires comme
celles de Mandrin ou de Jack l'éventreur. Les modèles de référence
de cette histoire sont Arthur Rimbaud et Jean Genêt. |
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Isolément |
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Cette séquence inaugure le conflit qui oppose le poète
aux
valeurs morales, chrétiennes, familiales, à la notion
de devoir
et la rupture radicale qu'il opère avec ces stéréotypes. |
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Surnaturellementment |
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Séquence universelle et anhistorique qui oppose le poète à quatre grandes figures paranoïaques : Harry Truman, Joseph Staline, Adolf Hitler, et Napoléon Bonaparte. L'introduction de la loi du 30/06/1838 du code napoléonien, bien que promulguée sous le règne de Napoléon III, permet de commuer en folie la vérité que le poète profère. La présence du psychiatre Cerletti qui expérimenta l'électrochoc sur le cerveau humain condense et ponctue la complicité qui relie les divers tenants de l'appareil idélogique d'état.
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Sexuellement |
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Séquence de délire amoureux
entre le poète et la langue
d'Abd El Kader. Le dialogue fait montre d'une idéalisation
forcenée et désespérée de l'amour homosexuel. |
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Révolutionnairement |
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Séquence guerrière et allégorique
en alexandrins non rimés. C'est une évocation de
la Commune de Paris et du bain de
sang qui en résulta. Les Prussiens alliés aux armées
de Thiers
massacrèrent des milliers de Communards. |
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Rêveusement |
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Après cette rupture historique et le retour à l'ordre policier de la bourgeoisie, le poète s'adonne à l'oubli exprimé par une rêverie sur la mer. Cette évocation est entrecoupée de témoignages sur la guerre du Vietnam, sur l'arsenal des armes et les répressions de mai 1968, sur les tortures au Chili, et sur la violence dans les prisons. Ce contraste entre le délire poétique et les horreurs du monde montre la désaffection du poète pour toute action politique.
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Illusoirementment |
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Cette séquence met en place l'Utopie
avec l'intervention de
figures emblématiques comme Thomas More, Gracchus Babeuf,
et la complicité du maçon qui réprésente
la matérialisation de
cette idéologie. L'uniformisation créée par
ce système conduit au fascisme et à l'éviction
de toute singularité comme à
l'amnésie historique. |
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Infernalement |
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Cette séquence évoque la guerre
d'Algérie et remet en
scène le personnage d'Abd El Kader. Il y est décrit
les tortures
qu'il subit et que Henri Alieg avait dénoncées à l'époque
dans "La Question". Le poète éprouve
la vacuité et l'inutilité,
voire la vanité de son amour pour son amant alors qu'Abd El
Kader puise dans l'amour du poète une compensation à la
torture. |
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Follement |
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Le poète mort, son fantôme
erre dans l'impossibilité de
trouver une sépulture. Sa mère en grand deuil refoule
le comportement marginal du poète qu'elle sanctifie au cours
de la célébration d'une cérémonie macabre.
Elle range les ossements de
son fils, nettoie et parfume la tombe familiale et y inhume les
restes du poète comme par une sorte de réincorporation
in utero.
Le lapsus qu'elle commet en donnant le nombre de 50 cm2 pour
l'ouverture du tombeau incline à cette conclusion. Pendant
ce
temps, l'information — un visage de femme sophistiquée — annonce
un incendie qui déferle sur la Provence. Cet incendie évoque
l'éradication de toute historicité par l'idéologie
dominante,
tant l'histoire particulière d'un poète que celle plus
générale des
sociétés. |
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Complainte chantée à l'accordéon avant chaque mouvement |
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L'EFFROYABLE CHANSON DU POÈTE VOYANT |
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